
Depuis plusieurs semaines, des escrocs se font passer pour l’Infiniti Casino de Berck-sur-Mer sur Facebook et Instagram : ces publicités promettent des gains et ne mènent jamais au vrai casino, car aucun casino en ligne n’est autorisé en France.
- Le 3 octobre 2026, l’Infiniti Casino de Berck a alerté ses joueurs sur une vague de fausses publicités qui usurpent son nom.
- Le même procédé visait déjà Barrière en 2024 : au moins 2 400 annonces, venues de près de 200 faux profils.
- Les jeux de casino en ligne restent interdits en France, ainsi que leur publicité.
- L’ANJ peut faire bloquer ces sites : 1 337 URL visées en 2024.
Que se passe-t-il à Berck ?
Le site spécialisé lescasinos.org l’a relayé le 3 octobre : l’Infiniti Casino de Berck-sur-Mer fait face à une vague massive d’arnaques en ligne. Des escrocs reprennent le nom et l’image de l’établissement sur Facebook et Instagram pour attirer des internautes avec de fausses promesses de gains.
L’alerte s’appuie sur une publication du compte Instagram officiel de l’établissement, reprise par le site spécialisé. Le message vise à prévenir la clientèle avant qu’elle ne clique sur ces annonces.
Le contexte rend l’établissement facile à imiter. Le casino de Berck, repris par le groupe belge Infiniti après un long conflit judiciaire entre la ville et Partouche, a rouvert ses portes en juillet 2026. Une enseigne neuve, dont le nom circule dans la presse locale, attire forcément les fraudeurs.
Comment fonctionnent ces fausses publicités ?
Le cas de Berck n’a rien d’isolé. En janvier 2024, le groupe Barrière avait saisi l’Autorité nationale des jeux pour un procédé identique. Selon le courrier de son directeur général cité par lescasinos.org d’après l’AFP, un procès-verbal d’huissier du 7 janvier 2024 recensait au moins 2 400 publicités différentes, diffusées par près de 200 faux profils.
Le scénario décrit alors est instructif. L’annonce renvoie vers une page qui copie les codes visuels du Google Play Store. L’internaute installe une prétendue application de la marque, puis se retrouve sur des casinos en ligne étrangers domiciliés à Curaçao. Une fausse application Barrière avait même été repérée sur l’App Store d’Apple.
Le courrier précisait déjà que Partouche et Joa subissaient des attaques semblables. Deux ans plus tard, Berck montre que la méthode n’a pas disparu : seule la marque usurpée change.
Pourquoi un vrai casino français ne fait-il pas ce type d’annonce ?
Parce que la loi l’en empêche. En France, les casinos physiques peuvent exploiter roulette, blackjack ou machines à sous dans leurs murs, mais ces mêmes jeux sont interdits en ligne. Seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker peuvent être proposés sur internet, par des opérateurs agréés.
Une publicité qui propose de jouer à la roulette ou aux machines à sous depuis son téléphone, sous le logo d’un casino français, est donc fausse par nature. Le nom de la marque sert d’appât, l’argent déposé part chez un opérateur sans agrément.
L’Autorité nationale des jeux rappelle que les sites illégaux les plus fréquentés proposent justement ces jeux interdits en ligne : baccara, roulette, poker vidéo, blackjack et machines à sous. D’après une étude menée par PwC pour l’ANJ en 2023, 3 à 4 millions de joueurs auraient joué sur une offre illégale au cours des douze derniers mois, et un consommateur sur deux ignore qu’elle est illégale.
Que peut faire le régulateur ?
Depuis la loi du 2 mars 2022, la présidence de l’ANJ peut ordonner elle-même le blocage des sites qui proposent ou font la publicité de jeux illégaux, sans passer par le juge. Après une mise en demeure de l’éditeur et de l’hébergeur, puis un délai de cinq jours, elle peut demander aux fournisseurs d’accès et aux moteurs de recherche de bloquer ou de retirer les contenus.
En 2024, le régulateur a adressé 232 ordres de blocage et de déréférencement visant 1 337 URL, dont 910 sites miroirs, c’est-à-dire des copies d’un site déjà bloqué sous une nouvelle adresse. Le traitement prend environ deux mois, contre six à neuf mois avec l’ancienne procédure judiciaire.
Les publicités diffusées sur les réseaux sociaux restent plus difficiles à suivre : elles changent de compte et d’adresse plus vite qu’un site. C’est pourquoi les casinos visés misent d’abord sur l’alerte directe auprès de leur clientèle.
Comment reconnaître et signaler une fausse publicité de casino ?
Quelques signes doivent alerter. L’annonce promet un gain ou un bonus en échange d’un dépôt, elle invite à télécharger une application hors des boutiques officielles, ou elle propose roulette et machines à sous en ligne sous le nom d’un casino français. Le compte qui la publie est souvent récent, sans historique.
Avant de jouer en ligne, la liste des opérateurs agréés par l’ANJ permet de vérifier qu’un site a le droit d’exercer. Aucun site de casino n’y figure, puisque ce type de jeu n’est pas autorisé en ligne.
Une publicité frauduleuse se signale directement à la plateforme qui la diffuse, et un contenu illicite peut être déclaré sur internet-signalement.gouv.fr, le portail officiel de signalement. En cas d’argent versé, il faut conserver captures et preuves de paiement, prévenir sa banque et déposer plainte.
Questions fréquentes
L’Infiniti Casino de Berck propose-t-il des jeux en ligne ?
Non. Le casino de Berck est un établissement physique, et les jeux de casino ne peuvent pas être proposés en ligne en France. Les publicités qui promettent des gains en ligne sous son nom sont de fausses annonces.
Le casino en ligne est-il légal en France ?
Non. Seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker peuvent être proposés en ligne par des opérateurs agréés par l’ANJ. Roulette, blackjack et machines à sous restent réservés aux casinos physiques.
Que faire si l’on a déjà déposé de l’argent ?
Garder toutes les preuves, contacter sa banque au plus vite et porter plainte. Signaler aussi la publicité à la plateforme et sur le portail officiel pour limiter les nouvelles victimes.
Les jeux d’argent sont interdits aux mineurs. Jouer comporte des risques : endettement, dépendance. Appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
